LE LIVRE
L'AUTEUR
 


                                                                                                               

                                                                                                                                                                          





                                                                                                                                               

l'aventure magique et la magie de l'aventure.

                                                                                                                                                          

                  UNE ETUDE PROFONDE DU MONDE

AMBASENAKANGA 

LA PIERRE DE L’OIE

 

 

 

 

 

Je tiens aujourd’hui à raconter cette histoire pour qu’elle puisse servir à l’édification de ceux qui en prendront connaissance.

 


   UN COGNEMENT DE L'ESPRIT, UN ROMAN VIVANT.

Cette histoire est un chemin, une puissante diagonale entre folie destructrice et perfectionnement de soi.

     L'aventure commence par un déplacement professionnel qui prend une forme bien particulière. Tout s’accélère dans un climat de méfiance et d’amour, dans une course folle vers un but fantastique et meurtrier.

      Une quête s’engage dans une cascade d’événements qui commence la métamorphose du narrateur. Elle l’entraîne dans le cadre magique de Madagascar à vivre entre autres : la fête du retournement des morts, le pacte avec un sorcier, la libération d’un prisonnier politique qui détient des fragments d’une science cachée.

      Il vit alors la toute-puissance et la plus lamentable déchéance, manipulé par des forces qui le contraignent et contre lesquelles il engage une guerre jusqu’au plus profond de lui même.

      Son périple se poursuit en Afrique du Sud et à l’île de la Réunion dans l’infinie beauté d’une séduisante malédiction….

 
     C’est un conte moderne qui fait exploser ces filtres qui déforment nos compréhensions.

                                                                                                      

 

                                                                                                                LE GUERRIER: SON BUT ET SA FACON DE L'ATTEINDRE

   

   

   

   



METANOÏA


Abandonnez les contraintes que vous vous imposez, soulagez vous du poids du passé et des peurs de l'avenir.

    

    

                         LE FREMISSEMENT DU CHANGEMENT.

LE VENT TOURNE.

L’IMPENSABLE PRESAGE.

- Bonjour patron.

         « Elle » c’est Samantha, une assistante comptable nouvelle dans la société ; ambitieuse, mais consciente de sa faiblesse professionnelle. Voilà probablement la raison de son « fayotage » ridicule.

         - Bonjour Samantha, il me semble vous avoir déjà dit de ne plus m’appeler patron;    « Monsieur » suffit, D’accord?.

         - Oui monsieur, excusez-moi.

         Elle arrive bientôt à la fin de sa période d’essai, je crois que je ne vais pas la garder; enfin, je verrai plus tard…

         Je passe par le bureau de Mylène, ma secrétaire; c’est une caricature de vieille fille : chignon, lunettes, tailleur de prêt-à-porter. Pourtant elle est mariée, et elle a des enfants; elle est plutôt agréable, et efficace.

         - Bonjour Mylène;  avez-vous des informations récentes sur les appareils bloqués en douane à Marseille?.

         - Oui monsieur, ils ont télécopié le montant des droits; c’est plus cher que prévu. J’ai posé le document sur votre bureau à côté du parapheur. Je vous porterai le courrier dès que Serge l’aura trié.

- Parfait!, merci; Ah!, dites-lui d’accélérer, j’attends des choses importantes.

         - Tout de suite Monsieur.

         J’ai à peine tourné les talons qu’elle transmet immédiatement à « l’homme à tout faire »; le Serge que je garde par bonté d’âme, tout le monde vante mon bon cœur : ce vieux débile et paresseux est devenu le symbole de ma communication sociale.

J’ai même discrédité le délégué syndical qui l’avait dénoncé pour une bouteille de Ricard  dans son casier. Il faut préciser que le syndicat espérait positionner un camarade sur ce poste. J’ai toujours refusé, mais on verra si la situation l’exige; par exemple pour arranger la menace de grève que mon bon militant brandit quand je lui parle de la suppression des primes de panier. Je verrai plus tard…

         A force de procrastination, je vais bientôt devoir embaucher un garde du corps; effectivement, je n’ai pas d’yeux derrière la tête. Et puis; avec l’économie sur les primes, je pourrai me payer toute une garde rapprochée…

         Je n’ai pas Dieu devant la tête non plus; en fait, je vais me faire appeler :

« Patron ».

         Je règle les affaires du jour sans enthousiasme : trois licenciements, cinq recrutements, quelques autorisations de paiement, la confirmation d’un beau contrat, la diagonale de plusieurs comptes intermédiaires, une affaire juridique…

         Je convoque le directeur commercial pour lui mettre la pression, je sais déjà qu’il va me dire que la production ne suit pas. J’ai vu juste, alors je convoque le directeur technique qui se plaint des sous-traitants avec un regard méchant sur son collègue qui l’a dénoncé. Ils finissent par se mettre d’accord pour critiquer le directeur des achats qui est en congé.

         Je les laisse partir après une leçon concernant l’esprit d’équipe, et un bref rappel d’objectifs.

    



        

                                       Nos évidences et nos contradictions fonctionnent de la même façon , selon les mêmes règles.

   

Je croyais avoir évacué le quotidien quand je me souviens que M. Durieux le directeur du service financier depuis trois ans, commence à se plaindre de la stagnation de son salaire.

Que faire?, je le trouve déjà sur la partie haute de la fourchette de rémunération pour ce type de poste, on verra plus tard… Tiens, et si… Je décroche le téléphone pour joindre un cabinet de consultant avec qui je travaille régulièrement sur les ressources humaines.

- Bonjour Dominique, tu te rappelles de l’affaire Michaud.

- Oui, un coup de maître; il y a une suite?.

- Je ne peux rien te cacher, c’est Durieux mon directeur financier qui a la folie des grandeurs. Je voudrais enrayer l’épidémie.

- Vingt pour cent suffiront-ils?.

- Pour un élément de cette valeur, je pense que nous pouvons aller jusqu’à trente.

Dominique éclate de rire, et termine sur un :

- C’est parti!.

En bref, « l’affaire Michaud » : c’est l’histoire d’un directeur de filiale qui se surestimait gravement. Pour « appâter », je l’avais fais recruter par un embaucheur américain qui lui avait proposé quarante pour cent d’augmentation par rapport au salaire que je lui versais.

Il était tombé dans le panneau, et m’avait donné sa démission avec dédain. Puis quelques semaines plus tard, le « chasseur de tête » lui avait annoncé la triste nouvelle : le consortium américain qui avait commandité le recrutement venait de déposer le bilan, et tous les accords devenaient caducs.

Quand il était entré dans mon bureau, après que je l’eus fait patienter deux heures, il était au bord des larmes. Magnanime, je l’avais repris après moult hésitations et une belle morale sur la confiance. Il n’a plus jamais été question d’argent entre nous.

Je sais que Durieux est attiré par l’Asie, et notamment le Japon. Et bien soit, je suppose que M. Hugushi le président de « JRC »; un fournisseur nippon qui depuis longtemps me livre des composants électroniques, se fera un plaisir de me rendre ce petit service.

Je le contacte, il est ravi de m’aider; je lui donne juste ma parole que je reprendrai Durieux, il est bien ce Hugushi!.

Tout est en place, attendons la réaction de Durieux.

Un peu de courrier, quelques entretiens, un repas d’affaire, une visite d’usine, une démonstration de prototypes, …

La journée s’achève; je rentre chez moi accompagné de mes tracas d’aujourd’hui, plus ceux qui restent d’hier, ainsi que la perspective de demain. Quelle vie!…

Je suis réveillé; je jette un coup d’œil sur le cristal liquide, il est six heures cinquante neuf minutes. Comme d’habitude, j’éteins la sonnerie juste avant qu’elle ne retentisse.

Cette nuit j’ai fait un rêve impressionnant; je le conte rapidement, en « direct live » de ma mémoire :

Je négociais debout, dans un décor adéquat pour vendre une âme en échange de tout ce qui l’abîme. Un personnage diabolique discutait le bout de gras. J’avais fait stipuler tout ce qui comptait pour moi. Nous étions donc sur le point de conclure; quand, venu de nulle part surgit le représentant de Dieu qui fit valoir un nouvel argument :

- Veuillez m’excuser messieurs, mais un point n’a pas été évoqué : Vous avez omis de demander un certificat de « non gage » concernant l’âme de monsieur; je tiens à préciser que nous détenons toujours les droits d’exploitation, la licence, et également les «codes sources», ainsi que les moyens d’optimiser la version de l’âme de monsieur.

Le démon disparut en criant :

- Je m’en fous j’ai déjà tout!.

Amusant ce rêve, mais un peu inquiétant : si je ne peux pas vendre mon âme au diable parce qu’elle appartient déjà à Dieu, … il va falloir que je lui rachète d’abord!. C’est ça!, je récupère mon âme à Dieu en lui faisant croire qu’elle ne vaut rien; je l’aurai pour moins d’efforts. Et ensuite, je la revends au Diable avec un bénéfice confortable; après je lui rachète, en lui faisant croire qu’elle est incurablement bonne.

   




Le vacarme des Âmes est assourdissant et la paix est une sourde mort .

    

J’arrive au bureau avec une vision troublante, j’ai l’impression de ne pas voir le bâtiment comme d’habitude. Les choses sont identiques, mais je ne porte pas mon attention sur les mêmes « aimants à perceptions ». Je ne me focalise pas sur les mêmes choses ni aux mêmes moments qu’avant. Les enchaînements de ma concentration; orientés aussi bien en moi qu’autour, sont différents. Cette impression de prime abord déroutante, se révèle fort utile en me montrant ce que j’ignorais par habitude.

Je rentre au bureau, Mylène me demande si je peux prendre un rendez-vous imprévu à onze heures en remplacement de l’annulation que je lui avais demandée.

- Peut-être, qui est-ce?.

- M. Bainville; depuis qu’il a repris les unités de Genève et de Milan; il veut moderniser. Je pense qu’il a un projet à vous soumettre, monsieur.

- Bien, alors disons : de onze quinze à onze trente.

- C’est noté monsieur.

L’odeur de mon bureau est aussi changée. En m’asseyant, le siège ne m’entoure plus discrètement, il insiste sur le fait que je suis assis dans lui. Des images que je n’avais jamais vues me sont renvoyées par le bois verni des meubles, les objets et les décorations me semblent étrangers.

La matinée se déroule assez facilement, puis j’ai l’honneur de recevoir

M. Bainville qui va jusqu'à affirmer que si les travaux de modernisation n’étaient pas très vite entrepris, les coûts de production des pièces qu’il fournit augmenteraient sensiblement.

Ce qui m’amuse le plus c’est que prés de quatre-vingts dix pour cent de mes besoins de ce type de composants viennent déjà d’Afrique, et d’Asie, via une de mes filiales. Puis, je répartis la charge de toute la structure européenne qui est forcément déficitaire sur la fabrication « délocalisée »; cela me facilite la pénétration de plusieurs marchés. Je préfère ne pas lui expliquer cette stratégie, et je le félicite.

- Je ne suis pas opposé à la réalisation de ce projet en vue d’améliorer la rentabilité de ces centres de production. Toutefois, je vais faire comparer avec les prévisions des besoins du groupe dans ce domaine. Je vous remercie, l’étude de votre projet est parfaite.

Bainville se retire, plus grand qu’à son arrivée. Et, c’est au tour du directeur commercial « Nord Europe »; il réclame un gros budget publicitaire…Puis, c’est au tour de…

Matinée utile, et rentable : un de mes meilleurs clients a décroché un beau contrat, et il se fournit exclusivement chez moi.

L’après-midi bien que plus mitigé, reste profitable. Quand, sans prévenir, Mylène entre dans mon bureau; elle est visiblement choquée.

    


                                                                                                             Dieu a créé tout ce qui existe même le Diable.

           

- Madame Durieux est en bas, elle veut vous voir; M. Durieux s’est suicidé chez lui, cette nuit.

Je murmure tout doucement, et lentement :

- Oh, non!.

La femme entre, je la reconnais pour l’avoir aperçue au cours de la fête annuelle du personnel.

Elle pleure, elle est inconsolable; elle m’arrache un remords, quelle comédienne!. Elle veut savoir si l’assurance-vie incluse dans la mutuelle de la société prendra en charge le montant des obsèques malgré la démission de son époux.

Je la rassure par une immense compassion.

- Ne vous inquiétez pas. Je demande que le nécessaire soit fait immédiatement.

Puis, je poursuis :

         - Je suis atterré, veuillez m’excuser; mais, que s'est-il passé?.

         - Il a quitté votre société sur une promesse mirobolante au Japon. Le contrat était signé; il avait même reçu l’indemnité de déménagement, les billets d’avion, et une prime de trois mois de salaire.

         Je ne sais que répondre honnêtement, alors je questionne.

         - Voilà pourquoi il démissionnait?.

         Mme Durieux fait oui de la tête, puis elle explique précisément :

         - Hier, au courrier du matin il y avait une lettre qui lui était adressée; je n’ai pas fait très attention à son origine, Pierre recevait tant de sollicitations. En fait, c’était un texte presque laconique qui l’informait de l’annulation du poste qu’il devait occuper au Japon.

         Elle recommence à sangloter, puis se calme, et enfin elle raconte.

         - Il a appelé partout, il devenait fou, il criait, cognait le téléphone, il est resté en communication avec l’Asie pendant plus d’une heure. Il a fini par s’effondrer vers trois heures du matin; il semblait détendu, et résigné. Je suis partie me coucher. Et à mon réveil, quand je suis arrivé dans le salon; il était là!.

         Mme Durieux repart en larmes. Je la soutiens jusqu’à la sortie.

         Seul dans mon bureau, l’impact du choc est violent. Pourquoi une telle extrémité?. Je l’avais même assuré qu’il aurait toujours une place dans ma société, que j’avais apprécié son travail et qu’il ne fallait pas succomber au chant des sirènes.

         Je ne le croyais pas si fragile, quel délire a pu le conduire à l’irrémédiable?.

Par l’Interphone, je demande à Mylène :

         - Veuillez contacter le service social pour faire débloquer immédiatement le montant de l’assurance à l’ordre de Mme Durieux. Ensuite, trouvez un service de pompes funèbres et envoyez-le chez M. et Mme Durieux. Il faut qu’elle puisse choisir au mieux, nous réglerons les frais.

Mylène me rappelle ma planification :

- Monsieur Briard attend, il a rendez-vous; désirez-vous le recevoir?.

- Oui vous pouvez le faire entrer, merci.

Je réfléchis aux raisons qui ont pu affaiblir Durieux à ce point, et j’ai du mal à me concentrer sur mes affaires. Aussi j’abrège l’entretien, puis je raccompagne le directeur de site promptement.

Mylène semble dubitative, elle s’excuse presque.

- Les pompes funèbres se sont bien rendues à l’adresse de M. Durieux, mais il n’y a pas…

- Allez remettez vous, c’est probablement une erreur dans les coordonnées.

- Non!, je vous assure; j’ai vérifié. Tout le courrier que nous lui avons expédié lui est bien parvenu à cette adresse. Et, ils m’ont dit avoir vu un couple qui plaisantait, en parlant de résurrection.

- Bon, je vais tirer cela au clair; passez -moi, Mme Durieux dans mon bureau.

Quand Mme Durieux décroche ; c’est M. Durieux qui répond bêtement : allo!, Amusant non?…

- Bonjour Pierre ; alors, c’est comment la mort?. Pouvez-vous m’expliquer cette mascarade?.

Le Pierre Durieux se lâche, il semble légèrement désinhibé.

- Imaginez que je me sois réellement suicidé, et que j’aurais laissé un petit mot pour expliquer mon geste; imaginez que l’enquête montre que vous aviez organisé ce stratagème avec quelques complices.

- Précisez votre pensée.

- Vous le savez parfaitement, vous avez essayé de me discréditer auprès de mon nouvel employeur; mais j’ai le regret de vous apprendre que cela ne marche pas.

- J’en suis ravi pour vous, mais je vous assure que je ne suis pas à l’origine de vos déboires; d’ailleurs je n’ai nullement cherché à connaître vos choix quand vous avez démissionné. Je peux même ajouter que votre mobilité est transparente pour l’entreprise, et que votre départ n’est qu’une péripétie. 

- Je le sais de la parole du Président de la société qui m’emploie désormais.

- Soyez-en certain, il s’agit d’un malentendu. C’est pour une vengeance imaginaire, et mesquine que vous avez monté cette plaisanterie morbide; n’est-ce pas?.

Durieux, s’énerve, et stoppe la discussion.

- Bon, cela suffit; nous sommes quittes, adieu!.

Là dessus, il raccroche. J’appelle Hugushi, il n’est pas au courant. Je contacte Dominique qui m’affirme avoir suivi une procédure normale, et éprouvée. Il avait simplement posé une question qui aurait peut-être troublé Durieux :

« Que pensez vous faire pour vous améliorer sur les points insuffisants que nous avons détectés, et récoltés? »

Je conclus, juste pour moi-même; que, sous l’emprise du « stress » Pierre doit s’orienter vers une forme de paranoïa.

Je confirme à Dominique et à Hugushi la poursuite du processus. Puis, je dicte un courrier pour M. Durieux à joindre aux divers formulaires que notre service RH doit lui expédier. Sur ma lettre, je lui propose encore de revenir au même poste et dans les mêmes conditions. Je l’assure qu’il peut toujours compter sur mon soutien, et que je mets sa petite mise en scène sur les conséquences d’une période difficile.

Bien!, passons à autre chose.

La semaine se termine dans la routine avec le schéma standard sur tous les fronts : « stratégie de base ! » ; sauf ces impressions de : « Nouveau », qui se font de plus en plus pressantes.

Ma mémoire envoie des images, mais trop rapidement pour les saisir mentalement; je ne perçois que subrepticement les émotions qu’elles me laissent, et parfois une sensation physique étrange. Je me dis que, si cela s’amplifie, je demanderais conseil au Docteur Freiberg.

De jour en jour, une conviction s’enracine au plus profond de mes pensées. Une pause, tout arrêter, me concentrer sur des valeurs plus humaines, me consacrer à une recherche plus globale, plus spirituelle. Enfin, je ne sais pas encore précisément, mais j’ai l’intuition d’un changement, d’un besoin à satisfaire, d’une vérité à découvrir.

Pour la première fois mon rôle me pèse, je devrais peut-être dire mes rôles; mes masques, toutes ces attitudes adaptées aux contingences de ma communication avec mon fort intérieur, et avec le monde.

Je ne suis qu’un kaléidoscope programmé pour afficher la même configuration dans les mêmes situations.

Pierre Durieux nous a quittés, cette fois c’est sérieux!. Il a craqué quand il a appris la triste nouvelle pour son futur « job »; il s’est pendu « jusqu’à ce que mort s’en suive », et elle a effectivement suivi.

Cette fois c’est validé, j’ai une bonne place à l’église; et le curé nous rappelle la taille de la perte que nous venons de subir. Le prêche dérape un peu quand il parle des chimères, et de la sécheresse de cœur des puissants qui jouent avec les êtres sensibles. Mais, il n’insiste pas; d’ailleurs j’ai fait preuve de générosité pour que cette messe soit parfaite. Amen…

En rentrant au siège, je trouve un climat cotonneux; Mylène me propose un entretien avec M. Albrac.

- Vous savez celui qui a un projet innovant à proposer; mais si!, rappelez-vous!, vous m’aviez dit qu’il serait vos « trois pour cent Mad Genius » du mois.

- Oui, je me rappelle, où est-il?

- Je crois qu’il est parti aux lavabos.

- Introduisez-le dès son retour.

- Bien, Monsieur.

      

 

Le terrain est plat et la route est droite.

   

   Deux coups brefs, Mylène entrouvre la porte sur un décharné limite « Junkie »; le type est habillé pour l’entretien, il a du faire un effort par rapport à sa tenue quotidienne.

Il m’expose un logiciel capable de gérer des systèmes techniques, ou humains. Aussi efficient, sur les historiques, que sur les mouvements en cours, ou encore sur les prévisions.

Sa démonstration est impressionnante, rien ne manque : une extraordinaire facilité de recherche, des images précises, des explications sonores à la demande, des vidéos de procédures, des caméras en direct, des prévisions sur les outils et le personnel; ainsi que des simulations de l’adaptation optimale des équipes; des résultats prévisibles en cas de modification au sein des unités opérationnelles, …

Son système est géant, je lève les yeux vers l’inventeur; il me sourit avec humilité. Il m’interroge du regard en s’excusant. Puis, il reprend timidement ses explications :

- Vous disposez immédiatement de tous les paramètres de votre centre de profit: tout se compare, tout s’analyse, et vous montre les pistes d’améliorations logiques dans tous les domaines.

Je l’observe avec attention, il s’engouffre dans son sujet.

- Le dispositif s’enrichit en temps réel de toutes les sources de renseignements disponibles, ainsi que celles que vous désirez lui donner avec des critères tels que : la priorité, la crédibilité, la valeur morale, …

Je l’arrête, pour préciser le point des ressources humaines.

- Mais sur quoi basez-vous les prévisions relatives à la constitution d’une équipe, et comment appréciez-vous ses résultats futurs?.

- Dans chacun des domaines, je me suis appuyé sur les meilleurs outils. Pour les relations interpersonnelles dans la conduite de projets, j’ai utilisé les enseignements d’un chercheur qui vit à Madagascar. Sur les dizaines de méthodes de « classement psychologique » existantes, c’est celle-ci qui m’a semblé la plus adaptable, et la plus prés de la réalité.

Intrigué je le questionne, mais il reste vague; il finit juste par évoquer un système dynamique, une loi universelle qui régit tout ce qui vit dans l’univers.

S'il n’avait pas réalisé un produit d’une telle ampleur, je le prendrais simplement pour un doux dingue : genre « New Age ».

Il me regarde bizarrement, et commence à me décrire. Méthodique et précis : il m’apprend ce que je ressens, comment je pense, vers quoi mes pensées s’orientent, et tout cela quelques soient les contextes.

Je résiste parfois à ces détails, tout en sachant intérieurement qu’il a raison. Un mécanisme de protection se met en place, et je spécule sur des renseignements qu’il aurait pris sur moi. Mais ce type a l’air sincère, alors je décide de tester son logiciel plus profondément; de toutes façons, cela ne m’engage à rien!.

Je charge Mylène de fixer un rendez-vous dans deux semaines; et juste avant de le laisser partir, je ne peux m’empêcher de lui demander :

- Pourquoi, m’avez-vous choisi pour ce système?.

- Trumba me l’a demandé!. Quand vous aurez compris la portée de ce prototype, je vous en dirai plus; au revoir Monsieur.

Amusé et surpris, je le salue. Puis, je mets le logiciel de côté. Je n’y pense plus du reste de la journée, que j’ai d’ailleurs très studieuse.

     


                              FAITES VOUS VOTRE AVIS SUR CES DEUX VISAGES, PUIS ELOIGNEZ VOUS DE L' ECRAN DE 3 METRES.

     

Les lumières se sont éteintes dans les bureaux, le personnel d’entretien commence à s’activer; en fermant un dossier je revois l’expression de l’homme au logiciel. Il a éveillé ma curiosité, je me remémore les éléments justes qu’il a détaillés. Info ou intox?; avant de me décider, je vais décortiquer l’interaction dans la typologie qu’il évoque.

Les jours suivants; j’annule mes rendez-vous, je reporte mes visites, inaugurations, et repas d’affaire. Je suis absorbé par ce « soft »; je ne vais plus au bureau, je test chez moi. Plus rien ne me déconcentre, toutes mes lignes sont coupées, je n’y suis pour personne...

C’est comme une étonnante révélation, toutes les simulations sur des configurations réelles prises dans le passé s’avèrent exactes. C’est statistiquement impossible, jamais un algorithme n’a été à ce point infaillible; surtout dans les relations humaines. En plus, pendant des missions où d’importants enjeux sont à la fois motivants et perturbateurs.

Ma conviction est faite, ce produit est fantastique. Je lui soumets un vrai projet à très court terme pour me rassurer définitivement, malgré mon extrême difficulté à faire confiance à un élément dont je ne connais pas la source; je respecte à la lettre les options proposées par ce synthétiseur de données, ce « preneur de décision ».

La totalité des réponses qu’il offre est parfaite, toujours le meilleur choix. Maintenant je suis convaincu, et j’attends avec impatience ma prochaine entrevue avec le concepteur.

Mylène n’arrive toujours pas à le joindre, il n’est pas venu le jour dit et reste injoignable.

J’ouvre l’application sur mon « PC », mais elle ne se lance pas; à la place, un message apparaît sur l’écran :

« Vous êtes arrivé à la fin de la période d’essai, si vous voulez en savoir plus, contactez : M. Trumba, il vit actuellement dans le Sud Ouest de Madagascar. Merci de votre attention, à Dieu...».

Je suis perplexe; je confie le logiciel à un groupe d’experts dans la restitution de données informatiques, mais après trois jours ils se déclarent incompétents. Alors, ils me rendent le CD que je tapote mécaniquement en réfléchissant.

Il est évident que ce « truc » me passionne; mais pourquoi tous ces mystères?, pourquoi ce jeu de piste?. Que veut M. Albrac?, qui est M. Trumba?. Les questions sans réponse s’accumulent. Je décide d’envoyer à Madagascar deux personnes pour vérifier s' il existe bien un M. Trumba; et si oui, de me le ramener ou au moins de lui demander ce qu’il cherche.

Je traverse une période d’excitation inhabituelle; je vis dans l’attente et l’impatience continuellement. Les rapports de mon équipe sur place deviennent les centres d’intérêts de mes journées. Pour l’instant, toujours rien d’exploitable, des rumeurs contradictoires, de vagues indications sur des villages, mais peu de concret.

Au bout de deux semaines, une dixième piste les conduits en brousse; où, celui qui peut les conduire à Trumba doit participer la semaine prochaine à une cérémonie traditionnelle.

C’est l’occasion d’être guidé, je ne peux pas négliger cette possibilité; mais cela fait une semaine supplémentaire à attendre. Je demande donc à mes envoyés spéciaux de se rapprocher du lieu de la cérémonie, tout en continuant à prospecter.

Je reste sans nouvelle le lendemain, c’est la première fois; je me dis qu’il y a peut-être des problèmes de communication. Après trois jours muets, un appel!; je suis fébrile, le message est bref.

- Nous refusons de continuer, nous ne vous rappellerons plus. Si vous voulez voir Trumba, il faudra venir vous-même. Son contact sera présent de jeudi à dimanche à Isiary, pour une fête funéraire.

- Mais que ce passe t’il?.

La communication s’interrompt, ils ont dû raccrocher.

A quoi tout cela rime t’il?; il est trop tard pour organiser une nouvelle expédition, et cette phrase : « Il faudra venir vous-même ». Je ne sais que penser.

Je charge le directeur commercial d’assurer mon intérim pour les prochains jours, en lui donnant quelques consignes sur les affaires courantes.

Je crois que je suis en train de partir dans irrationnel, tout en le justifiant rationnellement.

Mon départ est vite organisé, je prends le vol de sept heures demain matin pour Antananarivo.

     


Et l'aventure commence...

  

NOUS NE SOMMES PAS TOUJOURS RESPONSABLES DE CE QUI SE PASSE EN NOUS, MAIS NOUS POUVONS EN ÊTRE CONSCIENT.


TRUMBA, ta sorcellerie n'a pas suffit


Qui a osé, et surtout qui a pu tuer TRUMBA

Quelques oiseaux s’échappent en criant, dérangés par mon approche; ils m’insultent en piquant parfois vers moi, mais ne se risquent pas à la portée de mon coupe-coupe.

         Le passage est si dur à frayer que je m’arrête à plusieurs reprises pour reprendre mon souffle. La sueur me trempe et dégouline; elle me brûle les yeux, et les copeaux des arbres s’y collent.

         Je suis épuisé, mais le temps passe et ma progression est trop lente. Je dois mettre les bouchées doubles pour arriver au camp de Trumba avant la nuit.

         La fatigue est telle qu’elle se transforme graduellement en une violence qui me déforme le visage, et me donne envie de vomir. Elle me laisse à genoux au bord de l’enclos du sorcier. Tout mon corps n’est qu’une boule de feu, mes poumons sont encore plus douloureux que mon bras que j’ai renoncé à bouger davantage; alors, je le fait pendre lamentablement sur le côté.

         Le silence est surnaturel, le calme est paralysant; quelque chose me prévient d’un événement extraordinaire et terrifiant, mais rien de matériel ne corrobore cette perception.

         Je "scanne" les baraques, dans l’obscurité naissante à laquelle je me suis habitué; il n’y a pas âme qui-vive, je vais voir à l’intérieur.

         La première case est totalement vide et poussiéreuse, des insectes dansent au grand bal de la mort avec les margouillats. La cheminée n’a pas servi depuis longtemps, et l’eau est croupie dans les pots de terre; des fruits ont pourri ou séché dans la corbeille sur la table centrale.

         Aucun mot n’a été laissé contrairement à ma première venue. Je visite les trois maisons; la petite sous l’arbre semble avoir été le théâtre d’une lutte, tout est cassé ou renversé.

         Un tabouret de bois est taché de brun, c’est du sang qui en séchant l’a collé aux lattes du plancher. Des poils ou des cheveux sont pris dans la coagulation; à en juger par la quantité déversée, un sacrifice a eu lieu ici.

         De grosses mouches d’un vert brillant s’agitent encore, je quitte perplexe ce lieu ignoble et regagne la première habitation en aspirant l’air libre du soir.

Je dors très mal malgré une parfaite tranquillité du lieu; une menace, un abattement, une perte; mes pensées s’orientent négativement et irrémédiablement selon ces trois axes.

Quand le soleil orangé ensanglante la canopée; la chouette hulule une dernière fois, les insectes prennent la relève sonore. En me dirigeant vers le puits, je suis intrigué par des morceaux de toile rouge attachés à un arbre; ils flottent au vent, je ne les avais pas remarqués auparavant.

Mes pas curieux me guident jusqu’au vieux tronc, dans son ombre deux tas de terre sont espacés d’un mètre.

Le plus grand est recouvert de quelques grosses pierres marquées à la peinture rouge, l’autre est encerclé de cailloux plus petits et noirs. Plusieurs cigarettes se sont consumées toutes seules entre les galets. Des verres de rhum blanc sec sont disposés autour des deux monticules.

Un vrombissement, un brusque évitement; le passage rapide d’une ombre, un bruit d’impact dans l’arbre. Un poignard vibre dans l’écorce; Misar se tient debout rigide. Il me reconnaît et s’approche alors, en se forçant à parler.

- Je t’avais pris pour un des profanateurs, je ne pensais plus te revoir un jour.

- Profanateur?, tu veux dire que…

- C’est Trumba, ils l’ont tué!.

- Mais qui, et pourquoi?.

- Je ne sais pas, les villageois le regrettent tous; il les a souvent aidés, c’était un grand guérisseur.

- Pourquoi ces deux tombes, l’alcool et les cigarettes?.

- Tu n’as pas compris?, ils lui ont coupé la tête, et l’ont enterré plus loin. Pour que cette séparation l’empêche de revenir hanter celui, ou ceux qui l’ont décapité. Les offrandes sont apportées par les pêcheurs qui viennent en cachette lui demander des services, et le payent comme ça.

Trumba a été décapité sur le tabouret dans la case, puis il a été enterré de deux ou trois pelletées en prenant bien soin de séparer la tête du reste du corps d’au moins un mètre. Devant le tronc et à côté de la tête, une croix était gravée dans le sol; de telle sorte que Trumba regardait son corps à travers la croix. ...




FAMADIHANA


Où le héro se rend à un Famadihana pour y rencontrer son "contact"

.......Le moteur du groupe électrogène tousse, et se lance; les lampes se mettent à vivre, un peu hésitantes au début. Elles ont maintenant dans la nuit malgache, un bel effet; pas le genre « Sun City », tant mieux.
       Je suis sûr que toutes les lumières du casino ne dégagent pas autant de chaleur dans les cœurs que ces dix ampoules peintes à la main. Leur pouvoir hypnotique est si doux, dérisoirement gai; les lumières attirent les invités qui se pressent déjà autour, et dans le kiosque. Je m’approche; là, deux personnes s’affairent autour d’une table sur laquelle je reconnais ce qui fut une chaîne hi-fi dans une autre vie : c’est la sono. de la soirée.
      « Procolarum » s’invite alors dans une plainte d’amour qui prend, par un tyrannique envahissement, tout son sens. Chaque onde agite la surface de mon être profond, je viens de me « déblaser ». Sensation incroyable d’innocence, et tellement salvatrice; je me prend à espérer un changement qui m’améliorerait.
      Attiré par la plénitude de la patience, je fais le tour du site. Un tombeau flambant neuf et magnifiquement décoré attend derrière le surplomb, la parenthèse est en majuscule.
      Le sacrifice du zébu va me réchauffer le corps!.
      Le feu commence juste à prendre; le plus dur c’est d’allumer les premières brindilles, après c’est le vent du soir qui attise et ravive les flammes. Mariage frissonnant de la terre, de l’air et du feu. Avec un peu de chance, nous éviterons l’eau. D’ailleurs un ciel si clair présage : sécheresse, et air froid…
      Un vieux chaudron noir est installé sur le foyer porté par deux hommes solides, mais bien en peine. C’est une énorme marmite, la quasi-totalité du Zébu sera mise à bouillir dedans. Après quelques palabres la stabilité est confirmée et les porteurs s’éloignent, allant chercher de l’eau pour la cuisson.
      Je me rapproche du kiosque où une foule timide, mais curieuse, se dandine. Tous portent le même lamba sur les épaules, les mêmes pantalons de toile brute. Certains ont encore un chapeau, se sont les plus anciens ou les plus importants socialement. La plupart sont pieds nu, quelques sandales, une paire de camarguaises, un jean; ah !, c’est le « Disk Jockey » de la soirée. Son chef a même un blouson de cuir de belle qualité qui arrive à lui donner une allure de réussite respectable, malgré ses émanations de truand transpirant.
      Derrière la première rangée de danseurs, une grande table est dressée. Elle est recouverte de paquets allongés formés de draps fins en coton coloré, et fermés par de la corde de chaque côté. En fait, cela ressemble à des polochons de différentes tailles, ce sont les ancêtres qui attendent la fin de la nuit pour gagner le nouveau caveau.
      Ils viennent d’être nettoyés, changés, emmaillotés de linge frais. Le tout est parfumé par des tissus neufs imprimés, bigarrés de fortes couleurs vives et contrastées. Les plus anciens ont été réunis dans le même lamba par souci de rentabilisation d’espace. Le choix de ces partages de draps s’est fait selon : l’âge, mais aussi la souche familiale et la participation financière de la branche à la construction de l’édifice.
      Ils sont tous là, ils ont vécu là, se sont nourris de cette terre, de ce vent; ils se sont fabriqués de ce coin du monde. Ils y sont retournés presque entièrement, encore un peu de poussière à disséminer et tout sera retourné à la source. Nous célébrons l’entretien de ces reliques jusqu’à dissolution complète....



CYCLONE


Où Ambasenakanga décolle en ULM dans l'oeil d'un cyclone pour faire évader un prisonnier politique.

......Je commence à avoir des doutes sur les possibilités de décoller dans l’accalmie, mais il reste encore huit minutes avant l’arrivée du centre. La « biroute » vient de piquer brutalement du nez, je sens en moi une puissante excitation qui va me pousser dans cette démence avec joie.
      J’ouvre les portes du hangar en grand, le vent s’engouffre; toutes les machines oscillent, je démarre le moteur de mon ULM. Je cours au bout de la piste pour y planter un feu éclairant. La fumée qu’il dégage bien que réduite, m’inquiète; pourvu quelle se dissipe rapidement.
      Je desserre les freins de mon coucou, je pousse les gaz à fond, et je vise la balise pyrotechnique qui illumine la nuit noire.
      Le signal de lancement vient de retentir dans mon esprit pour un voyage sans retour.
      Le petit zinc prend de la vitesse, et j’ai du mal à le maintenir; les rafales résiduelles risquent à chaque fois de le faire basculer sur l’aile.
      Je décolle juste au niveau de la balise, en traversant la fumée. Je suis secoué par la violence des bourrasques, pourvu que la structure tienne. Tout craque, le trois axes n’a pas de porte alors la sensation de vol est pour le moins intense.
      Un corps étranger vient brutalement heurter la verrière, la plume noire qui s’accroche au sang résiste au vent quelques secondes puis s’arrache en laissant une drôle de tâche de « Rorschach ». Elle ressemble à une tête de mort, quel merveilleux « accord », la treizième lame du tarot : la métamorphose va s’opérer mais jusqu’à quel point?…
      Je suis totalement pris par le pilotage, impossible de penser. Je vois seulement l’afficheur du GPS allumé de vert blafard, les autres instruments ne sont pas rétro éclairés. Dans un dérisoire souci de camouflage, je ne veux pas allumer ma lampe de casque; je ne connais donc ni ma vitesse dans l’air, ni mon altitude, ni ma célérité verticale. La nuit est trop noire pour arriver à distinguer le moindre repère, je rentre émotionnellement dans le résultat d’une idée absurde; je vais être détruit sans atteindre mon but, alors la colère me gagne.
      - Ah non, sûrement pas, pas maintenant!.
      J’ai froid et les chocs me fatiguent, la concentration n’arrive pas à nettoyer toute ma peur. Entre deux lambeaux de nuages j’aperçois un phare de bateau,
grâce à lui j’évalue mon altitude et cela me réchauffe.
         La largeur de l’œil est très resserrée, les cercles que j’avais prévu dans mon plan se transforment très vite en patates puis en : je vole cinq minutes dans un sens, dés que cela tabasse trop fort, je fais demi-tour et je recommence. Je suis emprisonné dans un siphon.
         Un pas en avant, un pas en arrière, je me rapproche du but.
       Ce jeu dure maintenant depuis plus d’une heure, j’ai commencé à me détendre et je pense à la suite de la mission.
      Le réservoir en plastique transparent collé à mon siège me donne encore assez d’autonomie pour atteindre Berasiana;  après, j’aurai juste à cibler mon dernier « way point » et j’arriverai à la verticale de Taouana, le lieu-dit où Andriana Nhir est tenu prisonnier.
      Je me dis que ce type a intérêt d’en valoir la peine.....



TU ME MANQUES


Où Ambasenakanga vient de perdre son amie.

         Seul, en deuil de l’amour, un petit air de musique me monopolise l’esprit; je ne peux plus le supporter, mais si je l’arrête un immense vide s’installe.
         Ma main vient frotter ma tempe droite puis mon front, et enfin passe sur tout le visage comme pour annuler une millième fois le chagrin qui maintenant se transforme en nausée. Je vais me laisser pleurer pour dénouer les tripes, et laver ma solitude. Mais rien à faire!…
         Les remontées conscientes de mes émotions sont si froides et sèches que je sens une pression inouïe s’accumuler, je sais déjà la souffrance qui mûrit.
         Le bruit de mes pas me tient éveillé, juste assez pour déambuler comme un triste pantin. La clarté de mes pensées me fait peur, chaque bribe est éclairée par un
« spot » de cent mille watts; un soleil furieux explose dans ma tête à chaque idéation. 
         Grâce à un effort surhumain appliqué à de multiples tentatives, j’arrive à concentrer mon mental sur ce soleil lui-même. Alors il s’éteint, me laissant glacé.
         En comptant mes respirations, j’échappe au retour obsessionnel de la chanson et à cette cruelle sensation physique d’éveil forcé. Je voudrais tellement retourner dans une de ces transes quotidiennes du commun des mortels. Celles que je méprisais dés que j’en sortais, celles qui m’amusaient chez tous ces gens qui fixent leurs regards bovins sur un point neutre de leur environnement pour mieux s’engouffrer dans l’absurde et l’inutile.



LE BONHEUR A L'ETAT PURE


Le pouvoir de l'inattendu est une convection adiabatique du coeur

    Je capte une radio à l’arrivée en ville, tout ce que l’on peut dire c’est qu’elle change de mes deux cassettes audio. La souplesse de l’ambiance est si fluide qu’elle invite à danser la joie retenue depuis trop longtemps.

    Je m’arrête dans le gros bourg pour me ravitailler et me laisser aller à un doux bien-être; puis, je commence à sourire doucement de mon aventure, alors j’expulse un gigantesque éclat de rire qui stupéfait les arbres, déplume les piafs, et écarquille les badauds.

    Par ce cri, je vide le fond de mes tripes, la vibration vient de si bas dans le corps qu’elle semble sortir de la terre. Elle me fait entrer en résonance comme une antenne vivante.

    L’explosion de purification joyeuse m’a libéré; je sens bouger tous mes organes pour laisser passer le feu qui monte, et jaillit plus loin que ma fusion aux éléments.

   J’ancre ce souvenir pour qu’il devienne un allié précieux. Doucement, je baisse les yeux sur les villageois qui se mettent aussi à rire à gorge déployée. Alors, je repars dans le simple bonheur de l’hilarité en harmonie avec la gaieté de la foule. Personne ne m’a pris pour un fou, ils doivent être fous.






Un souffle puissant vient de dépoussiérer la littérature romanesque .

Un conte moderne sans concession

UNE ETOURDISSANTE SENSATION DE LIBERTE.

Des vérités enivrantes aux parfums d'ailleurs et d'au-delà.





__________________________________________________________________________________________________________


__________________________________________________________________________________________________________




MANAGEMENT, COMMUNICATION, DEVELOPPEMENT PERSONNEL

Formation, Conseil, CoachingENNEAGRAMME INTEGRAL est un centre de formation, c'est également un ensemble de prestations de conseil et de coaching, c'est enfin une méthode d'équilibrage des centres: intellectuel, émotionnel, instinctif. Grâce à des techniques efficaces ENNEAGRAMME INTEGRAL permet un développement durable de l'Être évidemment exploitable dans l'ensemble des contextes de vie.                                                      http://www.enneagramme-integral.fr

DECOUVERTE

DECOUVERTEUne formation d'une journée pour découvrir rapidement les bases de l'Ennéagramme. Ce cours est un         concentré des notions abordées dans les 2 stages: "FONDAMENTAUX" et "TYPES". Vous pourrez donc en un minimum de temps acquérir les données essentielles. Vous saurez de quoi vous parlez en termes de personnalités et de typologies.                                                                                                                             http://reservation.enneagramme-integral.fr

PRATICIEN

PRATICIEN EN ENNEAGRAMMELa certification de PRATICIEN en Ennéagramme est l'aboutissement d'un cursus de 6 stages de 2 jours. C'est un bon niveau de connaissance obtenu après vérification des acquis, c'est à dire un examen élaboré de manière à s'assurer de l'éthique et de la valeur technique des candidats. L'objectif de ce niveau est de donner les éléments nécessaires au niveau professionnel dans les secteurs de la vente, du management, du recrutement; au niveau personnel c'est le premier pas objectif vers une réelle évolution.                          http://www.reservation.enneagramme-integral.fr

MAÎTRE PRATICIEN

MAÎTRE PRATICIENQuand vous serez devenu Praticien en Ennéagramme, vous avez la possibilté d'acquérir un statut de MAÎTRE-PRATICIEN. Ce cursus de 5 stages de 2 jours et d'un stage de 4 jours vous permet d'acquérir les techniques et secrets indispensables à la maîtrise et à la compréhension de la nature humaine: la vôtre, celle de votre entourage, celle des groupes, celle des peuples. Faites un grand pas en avant aussi bien dans votre monde intérieur, qu'extérieur.                                                                                         http://www.reservation.alain-aubry.net

EXPERT

EXPERT ENNEAGRAMME INTEGRALUn stage de 5 jours avec une grande part de pratique du Katsugen Kaï, du contrôle et du développement des centres: mental, émotionnel, moteur. Le point sur les techniques enseignées: Ennéagramme, Spirale Dynamique, PNL, Non-idéation, Seitaï,... Deux heures par jour sont consacrées au déclenchement du mouvement régénérateur.                                                                                                             http://www.reservation.alain-aubry.net

---------



TRANSFERT DE MEDIAS ET PRESTATIONS ASSOCIEES

SAUVEZ VOS SOUVENIRS !SAUVEZ VOS SOUVENIRS, toutes vos k7 et bandes magnétiques audio, vos vidéo en VHS, BETAMAX, V2000, 8mm, UMATIC, BVU,..., vos films chimiques en 8, super8, 9.5mm, vos images: photos, diapos, film fixes, album, registres, diplomes,...Vos disques en cire ou vinyle: 78 tours, 33, 45. Transferez tous vos médias sur des supports fiables et pratiques, conservez les, reproduisez les, partagez les, rentabilisez lez,...TRANSFERT, SAUVEGARDE, COPIE, TRANSCODAGE: CD, DVD, WEB,...                                                 http://www.sauvegarde-numerique.fr

    



-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

                                                         





                                       Ce site est réalisé par ambasenakanga.fr

                            Reproduction formellement interdite. Tous droits réservés

                                       Contact: webmaster@ambasenakanga.fr


  Top